Kanno Miho : Tomokawa Shiki
Fujiki Naohito : Azumi Shunsuke
Izumiya Shigeru : Tomokawa Tetsuo
Yachigusa Kaoru : Azumi Yoshie
Tokito Saburo : Furuya Keisuke
Tamaki Hiroshi : Orihara Shingo
Ito Misaki : Asakura Ai
Moriyama Mirai : Tomokawa Mitsuo
11 épisodes
2004
16/20

Tomokawa Shiki est une jeune pédiatre qui vient de perdre son ami Toshiya. A ses funérailles, elle rencontre le frère de ce dernier, Shunsuke, photographe professionnel qui semble bien différent de son frère. Après des débuts un peu bizarres, ils deviennent amis.
Shunsuke apprend qu'il est atteint de la maladie de Behçèt, qui entre autres, va lui faire perdre progressivement la vue dans les mois à venir... Malgré tout, Shiki lui avoue ses sentiments et est bien décidé à rester à ses côtés, malgré sa maladie.


Voilà un joli drama. Il date de quelques années maintenant, mais je ne l'avais jamais vu, même s'il était sur ma liste de dramas à voir depuis un bail... J'ai fini par me lancer, et je ne le regrette pas. Itoshi kimie e a bien ses défauts, mais dans l'ensemble, c'est un drama qui est bien écrit et bien construit.
L'idée ici, n'est pas de nous montrer la progression d'une maladie, de son diagnostic jusqu'à l'issue fatale, où l'on voit comment le personnage va vivre avec sa maladie, comme cela peut être le cas dans d'autres dramas avec cette thématique (Ichi rittoru no namida, par exemple). Ici, on a bien cette étape de la découverte de la maladie et un aperçu de son issue (concrètement, entre autres symptômes, le personnage va finir par perdre complètement la vue), mais ce que l'on va nous montrer, c'est comment il va s'y préparer. L'avant, en quelque sorte. L'issue tant redoutée n'arrive qu'à la fin, et l'on s'en doutait vu le chemin que prenait le drama, même si l'on a quelques épisodes où Shunsuke perd temporairement la vue, ou bien celle-ci se brouille... Mais on va surtout voir comment il va se préparer à cela. Il va bien sûr passer par toutes sortes de phases : il désire se soigner, être suivi, ou bien au contraire il lâche tout et attend de façon résignée... Il souhaite être entouré et accepter l'aide qu'il reçoit, ou bien au contraire il va s'isoler et retourner chez sa mère dans sa ville natale... Ce n'est pas un personnage lunatique, mais bien quelqu'un de jeune, confronté à une épreuve terrible, et qui passe par différentes étapes dans l'acceptation de sa maladie et sa façon de l'appréhender.


Et j'ai trouvé cela particulièrement bien fait. Tant mieux me direz-vous, vu que c'est le cœur du drama. Mais ce dernier ne passe pas du tout à côté de son propos, bien au contraire. Il choisit un angle de vue et développe tout un tas de considérations pour son protagoniste, qui semblent crédibles, du point de vue du spectateur. Et bien sûr, avec un tel sujet, le drama comporte nombre de moments durs et/ou tristes, on ne va pas se mentir. Mais dans l'ensemble, Itoshi kimi e est un drama qui se veut positif et qui souhaite dire simplement qu'accepter l'aide des autres, ce n'est pas mal. Ce n'est pas être un fardeau pour les autres, que d'accepter la main que l'on nous tend de façon désintéressée. En ce sens, le drama est donc positif et pas larmoyant même si, comme je l'ai dit, il y a bien sûr de durs moments.
Shunsuke est un type bien. Malgré ses premières apparitions, pas vraiment raccords avec le reste d'ailleurs à mon sens, on sent que c'est quelqu'un de bien, qui n'a pas une haute opinion de lui-même d'ailleurs, et qui ne veut imposer son fardeau à personne. Ni à Shiki, qu'il aime pourtant, ni à sa mère, qui a déjà perdu son autre fils. Le « bon fils » dit-il d'ailleurs, ce qui fait un pincement au cœur. Ses « un pas en avant trois pas en arrière » vis—à-vis de Shiki aurait été agaçants dans un autre drama. Le côté « je te laisse tomber pour ton bien » est toujours un peu énervant, à de rares exceptions près, parce que je le vois souvent comme un ressort scénaristique trop cliché. Mais ici cela s'entend, vu la situation. Il est légitime qu'à un moment donné, Shunsuke repousse Shiki car il ne veut pas lui imposer sa maladie sur le long terme. Maintenant les choses sont gérables, mais demain... Quand il ne verra plus et qu'il devra être pris en charge, elle devra certainement se consacrer entièrement à lui, abandonner son rêve de devenir pédiatre, alors qu'elle travaille dur pour cela... Et Shunsuke ne veut pas lui enlever tout cela.


Autre barrière plus ou moins attendue : le père de Shiki. Évidemment il s'inquiète pour sa fille et le comble, c'est qu'il apprécie Shunsuke. Il sait qu'il s'agit d'un homme bien et que ce n'est pas sa faute, mais il ne peut approuver leur union en sachant ce que son état implique pour sa fille... Parfois son père était un peu agaçant malgré tout, quand il n'y avait pas moyen de lui parler du tout (et cela m'agaçait aussi que Shiki n'essaie pas plus fort de le convaincre... finalement s'il change d'avis, ce n'est pas grâce à elle), mais d'autres fois il était touchant, notamment quand il est fait allusion à sa femme décédée. Par contre, j'ai adoré la mère de Shunsuke. Une femme qui a l'air terriblement fragile mais qui a bon cœur. Elle souffre de la perte de son premier fils et voilà qu'elle apprend que son autre fils, le seul qu'il lui reste, est malade. C'est une femme qui reste digne mais que qui le malheur ne cesse de s'abattre. Et cette espèce de culpabilité qu'elle développe, d'avoir mis au monde des enfants en mauvaise santé, comme si c'était de sa faute, j'ai trouvé cela vraiment triste. Une scène qui m'a marquée est celle où elle dort dans la même pièce que Shiki une nuit, et où elle se livre un peu... Je l'ai trouvé très belle.


Dans les moins, je dirai l'ex-fiancée de Shunsuke, dont le retour m'a pour le coup, paru plus ressembler à un ressort scénaristique pour rajouter encore un obstacle, qu'autre chose tant cela a été rapidement réglé. Je dirai aussi peut-être le fait que la relation entre Shunsuke et Shiki, si joli qu'elle soit, manquait peut-être un peu de chaleur. Ils s'aiment, c'est évident et on comprend pourquoi, on l'a vu venir avant eux. Mais il n'y a pas de moments réellement intimes entre eux, et quand à un moment donné vers la fin du drama on apprend une certaine révélation, je suis un peu tombée des nues, parce que pour moi ils n'avaient rien fait d'autre que se tenir la main... Les dramas japonais globalement, sont assez avares de moments intimes entre les couples et à la limite cela ne me dérange pas, ce n'est pas ce que je recherche. Mais parfois du coup, cela pèse un peu sur la crédibilité dudit couple (je n'ai plus d'exemples en tête là tout de suite, mais ce n'est pas la première fois que je ressens cela devant un drama), et là à un moment donné, ce fut le cas pour ce drama. Ce qui est dommage car les acteurs sont bons (même si Kanno Miho m'a semblé parfois un peu effacée, mais sans doute le rôle voulait-il cela) et leur relation est bien écrite, en-dehors de cela.
Au niveau des personnages secondaires dont je n'ai pas encore parlé, les deux amis de Shiki étaient sympas même si insuffisamment développés. Par contre j'ai beaucoup aimé le supérieur de Shiki, Furuya, qui était très sympathique et bienveillant.
Voilà, je pense que j'ai à peu près tout dit. Bilan plus que positif donc. Il y a bien ces quelques points que j'ai évoqué, dans les moins, mais dans l'ensemble Itoshi kimi e est un drama touchant, bien écrit aussi, et cela a pesé dans la balance :).