Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 00:08

Une série créée par Ray McKinnon, avec :

Aden Young : Daniel Holden

Abigail Spencer : Amantha

J Smith-Cameron : Janet

Luke Kirby : Jon Stern

Clayne Crawford : Ted Talbot Junior

Adelaide Clemens : Tawney

Bruce McKinnon : Ted Talbot Senior

Jake Austin Walker : Jared

 

Une saison diffusée. Série en cours.

Quand Daniel Holden sort enfin de prison après près de 20 ans passés dans le couloir de la mort, il sait que sa vie ne sera pas simple. Il n'était encore qu'un jeune homme lorsqu'il a été accusé d'avoir violé et tué une jeune femme. Et aujourd'hui, même s'il est dehors grâce à de nouvelles preuves qui ont été découvertes, personne à part sa famille ne croit à son innocence... Daniel retourne donc parmi les siens et essaie de s'adapter à cette nouvelle vie...

 

Rectify était à mon sens la nouveauté à ne pas manquer en 2013. Pourtant cette première saison n'offre que 6 épisodes à se mettre sous la dent, ce qui est bien peu. C'est cependant bien assez pour être convaincue qu'on est fasse à quelque chose de bon. C'est bien pensé, bien écrit, bien joué, bien réalisé. Que peut-on vouloir de plus, si ce n'est que cela continue ? Et bonne nouvelle : ça continue. La saison 2 est prévue pour 2014, ce qui est cool.

En lisant le synopsis, j'ai pensé à la série Life, avec l'excellent Damian Lewis que l'on peut maintenant voir dans Homeland. Elle nous parlait d'un flic accusé à tort de meurtre et qui est libéré des années plus tard, et bien sûr tout le monde n'est pas convaincu de son innocence... Il s'avère que la série Rectify n'a en fait rien à voir, à commencer par le traitement de ce point de départ. Parce qu'ici, finalement, on ignore toujours si Daniel est ou non coupable. On souhaiterait qu'il soit innocent évidemment, parce qu'on s'y attache petit à petit et qu'on se dit « s'il est innocent, ce qu'il vit est vraiment affreux ». Mais rien ne nous permet de l'affirmer, au terme de la saison 1. Daniel ne dit rien, et on sait même qu'il a fait des aveux quand il a été arrêté. Après, il était jeune et influençable, mais tout de même... Tout cela pour dire que le statut même du protagoniste n'est pas clarifié.

Rectify a traité avec brio le retour de Daniel à une existence en liberté. Au contraire de Life où le personnage s'en sort par l'humour et secrètement, œuvre pour trouver le véritable coupable et donc ainsi être définitivement innocenté, ici Rectify veut juste nous montrer le quotidien de Daniel, hors de la prison. On ne le voit pas chercher par la faute de qui il a pu aller en prison puisque comme je l'ai dit, la série ne suggère pas qu'il puisse être innocent ou coupable. Ainsi au début, Daniel rentre-t-il chez lui, avec sa mère, son beau-père et son demi-frère, retrouvant également sa sœur Amantha. On passe les premiers épisodes de manière assez curieuse, Daniel étant dans une sorte de béatitude, de léthargie vraiment palpables. Il « bloque » sur la moindre chose qui nous semblerait toute bête, ce qui traduit bien son nouvel état et cette sorte de découverte d'un monde qu'il a quitté alors qu'il était à peine sorti de l'adolescence. Vous l'aurez compris, on a donc du contemplatif. Point d'actions bien rythmées dans cette série. Mais je trouve que c'est vraiment bien fait, parce qu'on a vraiment un personnage remarquable (joué à la perfection par Aden Young, au passage), dont on ne sait trop que penser, mais qu'en même temps on apprécie... enfin disons qu'on a plutôt de la peine pour lui, parce qu'effectivement s'il est vraiment innocent, sa vie a été gâchée... Et le fait qu'il flotte un peu au-dessous de tout comme cela, qu'il prend le temps de tout regarder en détail, de s'émerveiller des choses, me semble assez logique... Il a l'air si fragile aussi, que c'est forcément touchant. D'autant que finalement, à travers certaines scènes, on peut voir que cet homme qui a près de 40 ans n'en a encore qu'à peine 20 dans sa tête. Il n'a pas pu grandir de façon « normale », forcément, et cela se voit, dans ces scènes où il retrouve par exemple ses vieux jeux vidéo, ou toutes les choses qu'il aimait avant d'aller en prison... Il n'est jamais plus fragile et déconcertant que dans ces moments-là. C'est là aussi, qu'Aden Young est très fort.

Beau traitement également, de sa relation avec ses proches. J'ai beaucoup aimé le tout début, lors de son retour. Il y a une espèce de pudeur, de dignité qui émane de cette famille, qui sont très poignantes... Il y a des larmes bien sûr, de la part de sa mère et de sa sœur, qui l'aiment profondément. Mais je trouve qu'on reste très sobre et à la limite c'est aussi bien : ça a encore plus d'impact. Toutes les scènes entre Daniel et sa mère sont de toute façon vraiment bien faites. Et j'aime bien Amantha, la sœur. Elle semble très, trop présente, limite si elle l'étouffe alors que lui a besoin de temps, en fait. Mais on comprend bien que c'est par amour, parce qu'elle estime qu'il a déjà perdu assez de temps comme cela et qu'il doit vivre. Mais la relation que Daniel peut avoir avec son demi-frère est sympa aussi, ou avec son beau-père... D'autant qu'en parallèle, on s'aperçoit de la dureté du monde extérieur. Finalement en prison, entre les quatre murs de sa cellule, Daniel a fini par trouver une sorte de liberté intérieure, qu'en dehors il lui est difficile de retrouver puisqu'il est pointé du doigt. Beau paradoxe, car pour lui, la prison est aussi à l'extérieur, finalement.

La réalisation offre de belles scènes aussi, qui rendent plus forts les moments auxquels on assiste. Je pense notamment aux flashbacks de Daniel dans sa cellule, avec cette lumière blanche symbolique... Je les trouve toujours vraiment bien faites. Le cadrage et la lumière sont deux atouts que la série a su parfaitement exploiter.

Il est difficile de parler de cette série, je m'en rends compte. Parce qu'il est dur de traduire son ambiance, sa force avec des mots. Parce que tout repose dans ces scènes où les dialogues sont absents (Daniel ne parlant en effet que modérément, ce qui se conçoit), où au contraire, dans celles où ils sont percutants. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a là une belle performance d'acteur (qui m'était jusque là inconnu), et une série qui joue sur l'ambivalence. A ne pas manquer.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Marluuna
  • Marluuna
  • : Un blog pour parler de tout et de rien : musique, ciné, animes, dramas, séries, BD, artistes, livres... Et sûrement d'autres catégories qui me viendront au fur et à mesure aussi...
  • Contact

Recherche