Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 00:04

Une série de Régis Loisel, terminée en 6 tomes chez Vents d’Ouest.

(D’après l’oeuvre de Sir James Matthew Barrie, évidemment).

Nous connaissons tous l’histoire de Peter Pan, de la fée Clochette, du pays imaginaire et de tous les personnages clefs du récit. Peu importe d’ailleurs, le support qui nous aura servi de découverte (le dessin animé, un film.. ou bien entendu le livre, à la base de tout). Régis Loisel, aux commandes du scénario, du dessin et de la couleur, propose ici de nous livrer en quelque sorte la genèse de cette œuvre.

Comment est né Peter Pan, d’où viennent ces personnages ? C’est sa vision des choses et attention, elle est noire. Oubliez le Walt Disney : le Peter Pan de Loisel est sombre, glauque… Et pour le coup, je ne le ferai pas lire à un jeune enfant.

C’est l’histoire de Peter, un gamin de Londres à la fin du XIXème siècle (ce qui permet un parallèle des plus intéressants avec l’histoire de Jack l’éventreur, mais je vous laisse le loisir de le découvrir en vous plongeant dans la série). Un gamin qui lutte pour s’en sortir dans ces rues mal famées et avec cette mère alcoolique. Sa rencontre avec la fée Clochette va tout changer : il va se laisser guider au pays imaginaire et rencontrer les pirates (avec le Capitaine qui ne s’appelle pas encore Crochet), des indiens, des sirènes… et un dénommé Pan, aussi.

« Peter Pan » est une BD des plus célèbres, et il n’est pas bien difficile de comprendre pourquoi. Ce n’est pas facile à lire, surtout quand on a bien en tête la version édulcorée du Disney (par ailleurs très bon). Mais Loisel a réalisé là une œuvre qualifiée de « culte » par bien des bédéphiles. Il n’est jamais aisé de réaliser l’adaptation d’une œuvre, de toute façon. Et encore moins quand il s’agit d’un tel mythe, adapté maintes fois sous divers supports. Mais qu’on les connaisse ou pas, de toute façon ce Peter Pan là est très différent.

Loisel (qui a notamment signé le tout aussi célèbre « La Quête de l’Oiseau du Temps ») est ce que j’appelle un « raconteur d’histoires ». Il y a le scénario, que ce soit le fil rouge ou album par album, mais il y a la manière de procéder. Et Loisel sait y faire, pas de doute là-dessus. On enchaîne page après page et on se rend vite compte qu’on a terminé un tome rapidement. Ca ne se lit pas, ça se dévore, j’ai envie de dire. Et estimez-vous heureux qu’aujourd’hui la série soit terminée, car quand il fallait attendre 3-4 ans entre chaque tome, moins parfois, c’était dur :) . Il installe une ambiance, il dote ces personnages (ceux que l’on connaît et ceux qu’il créé) de vraies personnalités (avec plusieurs facettes et une évolution constante), il créé un monde alors que pourtant, c’est censé être une adaptation. Je le disais au début, mais en effet c’est une BD qui est tout sauf joyeuse, ça je pense que dès le début du premier tome, on a bien compris la chose. Et je ne vous parle même pas du tome 6, qui me laisse par terre à chaque relecture. C’est noir, malsain, cruel… Ne serait-ce que le fait qu’au pays imaginaire, on oublie tout. Même ce qui est important. Il arrive parfois dans un album des choses terribles, notamment dans le dernier tome, des choses impardonnables… et qui n’ont aucune conséquence -du moins sur la psychologie des personnages- vus qu’ils oublient tout. Les événements, les amis… Je cite cela pour ne pas spoiler et parce que cela me semble être une représentation assez juste de ce que l’on peut trouver entre ces pages. C’est dur. Ce pays imaginaire qui fait tant rêver habituellement ne vaut, dans un sens, pas mieux que le monde « réel ». Clochette y apparaît vraiment de façon horrible, ça m’a beaucoup choquée (mais néanmoins, j’ai aimé cette façon d’exploiter le personnage).

Graphiquement, on tombe dans quelque chose de très fouillé, très riche. Que de détails ! Le trait de Régis Loisel, en ce qui me concerne je l’aime beaucoup. C’est vraiment un dessinateur hors pair et je ne saurais dire pourquoi, mais autant son style s’adapte tout à fait à ce Londres qu’il nous décrit, autant je l’aime encore plus au pays imaginaire, avec toute cette flore… Non pas qu’ils soient inintéressants, loin de là même, mais il n’y aurait presque pas besoin de dialogues parfois, tant ce dessin si précis réussit à lui seul à tout nous faire comprendre. Et comme souvent, il s’améliore encore d’albums en albums. Et il ajoute à l’intensité du récit : certaines scènes sont déjà terribles en elles-mêmes, mais le dessin les montre avec une telle brutalité parfois que ça n’en est que plus fort.

En tout cas une chose est sûre, et assez incroyable aussi, c’est qu’on tient là une série capable de nous faire ressentir tout un tas d’émotions (je me souviens par exemple d’un passage du tome 2 où j’ai vraiment retenu mon souffle) : on sourit, on est ému, on veut connaître la suite, on s’attache à ces personnages (ahhh le P’tit Picou…) totalement imparfaits… C’est vraiment une BD très riche, très dense. Et si un peu de légèreté n’est jamais malvenue et qu’il existe énormément de BD très bien dans ce créneau là, voir quelque chose de ce niveau ne se refuse pas :) .

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Marluuna - dans BD Franco-belges
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Marluuna
  • Marluuna
  • : Un blog pour parler de tout et de rien : musique, ciné, animes, dramas, séries, BD, artistes, livres... Et sûrement d'autres catégories qui me viendront au fur et à mesure aussi...
  • Contact

Recherche