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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 00:25

Nana, d'Ai Yazawa, publié en France chez Delcourt.

Que celui qui lit ces lignes et qui ne connaît pas ce manga se dépêche d'aller lire le premier tome, tout de suite ! Nana, ça engendre l'addiction. Ca se dévore, ça se savoure. C'est le bien, quoi. On pourrait à tort penser que c'est un « manga pour filles » mais je connais pas mal de garçons qui l'ont apprécié donc je suppose que ce n'est pas un problème. En tout cas cela fait partie de ces mangas dits « cultes ».


groupe---hachi.jpg

 

C'est l'histoire de deux jeunes femmes d'environ 20 ans portant le même prénom : Nana. Elles n'ont rien en commun a priori. Nana Komatsu tombe amoureuse tous les 100 mètres, avec son coeur d'artichaut. Elle monte à Tokyo pour rejoindre son petit ami Shoji, qu'elle n'a pas revu depuis un an.

Nana Osaki monte à la capitale, et quelque part à cause d'un homme, elle-aussi. Dans sa ville natale, elle chantait dans un groupe formé au total de 4 personnes. Elle veut vivre de sa musique, c'est pourquoi elle se paye un aller simple pour Tokyo.

Ces deux jeunes femmes totalement différentes se rencontrent par hasard dans le train qui les emmène à Tokyo et font connaissance, avant de se perdre sur le quai. Par un coup du destin, elle se retrouvent à partager un appartement. Et rapidement, ces deux contraires s'attirent et s’entraident, partageant leurs plus belles joies et les moments les plus durs, se soutenant mutuellement. Nana, c'est l'histoire d'une amitié fusionnelle.

 

nana_nostalgie.jpg        nana_fleur.jpg

 

Qu'est-ce que j'aime dans "Nana" ? Simple : tout (z'êtes bien avancés avec ça, hein ?) Développons quand même un peu :

Méfiante vis-à-vis des shojo à une certaine époque, même si "Fruits Basket" m'avait fait changer d'avis, je me suis tout de même attaquée à "Nana", dont le résumé laissait présager une histoire de rencontres... Et moi j'aime ça. Deux filles qui n'ont rien à voir vont partager un appartement et ce sera le début d'une amitié profonde, voilà ce avec quoi on part. Entrecoupé de très jolies phrases/réflexions puisque l'une et l'autre sont tour à tour narratrices, le premier tome se lit, se dévore plutôt, d'une traite. Il donne d'emblée le ton, en les présentant l'une et l'autre séparément, puis ensemble.

Si la première Nana (Nana Komatsu) est assez cruche, égocentrique et nian-nian, l'auteur réussit le tour de force incroyable de la rendre assez attachante et non pas gonflante (ce qui n'était pas gagné pour moi, sur le papier !). On m'aurait décrit Hachi (puisque c'est son surnom), j'aurai plutôt eu envie de lui mettre des claques. Seulement voilà, elle est toute mignonne et si sympa qu'on ne peut que l'aimer et être pleine de compassion pour ses malheurs (même si des fois elle est un peu trop capricieuse quand même). En plus le fait qu'elle devienne la mascotte du groupe de Nana Osaki, Blast, contribue à nous la faire apprécier.

 

hachi_couettes.jpg

 

Néanmoins je dois avouer lui préférer Nana Osaki pour sa dégaine, ses manières brusques, sa grande sensibilité cachée... Elle a plus de pêche, de caractère. C'est l'image même de la femme qui se veut forte et qui dit à qui veut l'entendre qu'elle n'a besoin de personne, mais qui au fond d'elle est seule et désire autant être aimée et aidée que n'importe qui. Cette rudesse qui cache une hyper sensibilité n'a put que me faire craquer. Son côté passionné (par la musique, par Ren) a quelque chose de très fort aussi.

 

nana_pense.jpg

 

Autour de nos deux Nana, gravitent quelques personnages tout aussi intéressants. Shin, Nobu, Yasu, Takumi, Reira, Ren... Et d'autres qui viendront s'ajouter au fil du temps. C'est aussi par là-même, un plaisir de lire ce manga pour qui aime la musique. En effet les trois premiers personnages sont membres du groupe Blast et les trois derniers, du groupe Trapnest. Et en toile de fond, on suit l'ascension et la rivalité entre ces deux groupes qui occupent la scène et qui ont chacun leur style. Ce côté là était très attendant dans l'anime (ainsi que les films) puisqu'en lisant le manga on imagine la musique jouée et les voix, et là on a l'occasion d'entendre. Du côté de l'anime, Olivia et Anna Tsuchiya, respectivement voix de Reira et de Nana Osaki, font des merveilles. Pour le film, Yuna Ito et Mika Nakashima s'y sont collées, avec le même brio.

 

blast.jpg   trapnest-groupe.jpg

 

En fait, il ne faut pas chercher d'originalité de fond dans Nana, on retrouve inévitablement quelques clichés du genre (peines de cœur, soucis d'argent...), mais tout est si bien dit que c'est un vrai bonheur à suivre. On alterne les scènes comiques avec les scènes plus graves, joliment mises en scène. Certains moments restent bien présents à l'esprit ; ils marquent. Rien n'est laissé au hasard : des personnages à leur vécu (Shin, par exemple) en passant par les liens qu'ils tissent entre eux quels qu'ils soient, tout dans Nana, est fouillé et développé sur du long terme. C'est appréciable.

Une certaine maturité transparaît dans ce récit, notamment dans les scènes d'amour par exemple (ce qui change d'un chaste et cul-cul "Love Hina", je ne vous le fais pas dire.) Je trouve que c'est un façon très saine d'aborder le thème de l'amour (qu'il soit physique ou non d'ailleurs), trop souvent effleuré dans les mangas, ou trop idéalisé du moins. Le tout a un certain charme qui rend cela plutôt émouvant. C'est sûr que les romantiques y trouveront leur compte, oui, mais il y a aussi une certaine dureté et finalement une réalité qui rend le tout crédible, même si ça fait moins rêver par moments. C'est mature, c'est le mot.

Enfin, la mangaka a un style de dessin très particulier, je comprends parfaitement que l'on n'aime pas. Moi j'ai trouvé ça magnifique dès les premières pages (et je me suis empressée de lire ses autres mangas d'ailleurs, où le style est peut-être moins épuré). Les personnages ont des looks délirants et très classes style punk (on se fout se savoir si c'est réel ou complètement barré : c'est beau et original), les yeux sont superbes. Même si les corps font un peu fil de fer, ça reste très fin et enlevé, en parfait accord avec le récit. Et pour le coup c'est très très original par rapport à ce qui se fait habituellement dans le shôjo ; là on sort vraiment des sentiers battus.

 

nana-styles-en-ligne-.jpg

 

J'ai donc suivi en parallèle l'anime tout récent, dérivé du manga qui respectait pas mal le manga à quelques détails près. Les chara design sont fidèles aussi, et avec les couleurs, c'est superbe. Après voilà, comme toujours il faut lire le manga car c'est mieux, mais l'anime est vraiment bien fichu aussi. Deux films ont vu le jour aussi, mais j'en parlerai ultérieurement donc j'en reste là pour cette fois ^^'.

 

Plusieurs thèmatiques sont abordées dans Nana (rien que la musique, par exemple), telles que la diversité, la liberté, l'indépendance, les différences, l'amour évidemment, mais celui qui domine est sans aucun doute l'amitié (ce qui est plutôt raccord avec le thème de cette semaine, voyez un peu ^^'). La particularité de Nana par rapport au reste de la production manga, c'est d'être un peu plus réaliste. Les sentiments, quels qu'ils soient, sont montrés avec une telle justesse qu'on se dit qu'on pourrait le vivre, ou tout du moins, que c'est possible. Peu importe la situation en tant que telle, les sentiments sonnent toujours justes.

 

planche-nana---ren.jpg

 

L'amitié est abordée différemment selon les personnages qui en font montre. Il y a le dévouement, illustré à merveille par Yasu. Qui ne rêverait pas d'avoir Yasu comme ami, de compter quelqu'un comme lui parmi ses connaissances ? Qui serait capable de venir dans un café à 4h du matin simplement parce qu'on le lui demande ? L'abnégation, le dévouement, Yasu le porte à merveille durant une bonne partie du manga. A tel point qu'on peut se demander si ses épaules ne vont pas finir par céder sous ce trop plein de responsabilités... Mais il est un peu celui qui fait redescendre tout le monde de son nuage, celui qui offre ses épaules pour pleurer ou parfois ses remontrances pour pouvoir avancer. Alors dans ce cas on se dit "pourvu qu'il ne craque pas"...

Nana Osaki voue également une grande amitié et une sincère affection à Nobu, dont elle fait montre au tome 9 il me semble. Si elle n'est pas du genre à s'épancher mais bien plutôt prête à taquiner le gentil guitariste, une fois n'est pas coutume, Nana dans un accès de faiblesse, lui dira qu'il est la première personne à qui elle a fait confiance, celui qui l'a réconcilié avec le genre humain en quelque sorte. Et ça n'est pas rien, venant d'elle... Qu'il s'agisse d'actes, de paroles ou de simple présence, beaucoup sont là les uns pour les autres à leur manière. Et j'avoue que ce genre de choses, moi cela me plaît.

Mais évidemment, le lien le plus fort du manga, celui qui est à la fois le plus fragile aussi, c'est celui qui relie nos deux Nana... Plus qu'une amitié banale, c'est un amour fusionnel qui lie ces deux jeunes filles si différentes l'une de l'autre. Pas un amour au sens habituel du terme là encore, mais quelque chose de bien au-dessus encore, et on le comprend sans peine quand on se plonge dans cette œuvre. Si Hachi a sa manière à elle de montrer son affection, celle-ci est nettement plus visible. A coup de grandes effusions, d'enthousiasme excessif mais surtout avec une admiration débordante, Hachi montre sans détours la place qu'a prise Nana dans son coeur. L'apogée de leur relation, c'est sans doute ce moment inoubliable où Hachi emmène Nana au concert de Trapnest, "parce qu'elle sait". Elle sait que la personne qui est sur scène, Ren, est quelqu'un d'important pour Nana. Et quand face à Ren, Nana pleure en silence, Hachi la main dans la sienne ne peut contenir ses larmes sans savoir pourquoi. Pourquoi ? Parce qu'elle partage les sentiments de son amie. Alors qu'importent les mots, cette scène nous en dit bien plus à elle seule. Je l'ai toujours trouvé superbe, personnellement.

 

nana---hachi_pleurent-en-ligne-.jpg

 

Mais Nana, elle, est du genre possessive et exclusive. Si elle appelle sa colocataire Hachi ou Hachikô par jeu parce qu'elle lui fait penser à un chien, elle en prend vite l'habitude. Chacun se souvient de ces mots dits à Nobu : "pour pouvoir garder un oeil sur Hachiko en la lâchant dans mon jardin..." Nana, dont l'amitié est plus discrète en apparence, est extrêmement possessive, on peut donc se demander si cela ne finira pas par être malsain, quand on avance dans la lecture ? Mais qui pouvait dire ce qu'il allait advenir des deux Nana, quand on a vu la rupture avoir lieu ? Si l'une est partie comme une voleuse, l'autre n'a pas essayé de la retenir non plus. Alors le lien perdurera-t-il même si leurs chemins se séparent ? Le talent d'Ai Yazawa nous apportera la réponse, réponse que l'on redoute, tant la voix off d'Hachi à laquelle succède celle de Nana nous laisse présager le pire... En tout cas, rarement un duo aura été si fort. En quelques pages (et quelques semaines dans le récit), Ai Yazawa nous montre que deux personnes qui viennent de se connaître et qui n'ont pas du tout la même vie, peuvent s'aimer et se soutenir encore plus fort que dans n'importe quelle histoire d'amour. Rien que pour ça, chapeau bas !

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Published by Marluuna - dans Mangas-Animes
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commentaires

Ber 24/06/2012 21:19

Oui c'est vrai. Oh tu me donnes envie de replonger dedans!

Marluuna 24/06/2012 22:00



;)



Ber 24/06/2012 19:55

J'ai beaucoup aimé cet article ^^
Nana est l'un de mes touts premiers coups de coeur asiatiques. Et comme je n'ai jamais aimé le personnage de Ren c'est vraiment l'histoire d'amitié entre Nana et Hachi qui m'a bouleversé. Sans
compter les amitiés parallèles qui sont aussi très belles et toutes différentes les unes des autres. Je trouve que les relations humaines sont vraiment bien représentées dans ce manga. Et puis la
musique est inoubliable, parce que parfaitement adaptée à l'histoire.
Ohlala je rêve toujours d'une suite de l'anime!

Marluuna 24/06/2012 20:21



Merci :)


 


Une chose que j'adore et que je n'ai pas mentionné, c'est la relation qui se fait par la suite entre Hachi et Shin... J'ai vraiment trouvé cela touchant.



alex 21/06/2012 11:19

Ah Nana, déjà j'adore le dessin, c'est vraiment original et j'aime beaucoup surtout au niveau des vêtements !!
Et puis c'est tellement une belle histoire d'amitié..fusionnelle certes, j'ai vraiment hâte de savoir la fin, elle va pas être très joyeuse mais bon ^^.
Et puis aussi j'aime tout particulièrement Ren *_* , et sa relation avec Nana qui est bon quand même pas très saine et bn malgré tout j'adhère à fond à ce couple :)

sakuya972 19/06/2012 14:41

Ah, Nana. J'ai mis du temps à m'y mettre parce que c'était un shojo et que j'aimais pas le dessin. Mais j'y suis venu via l'OST de l'anime. Et franchement, je ne regrette pas du tout.

Ce que j'aime le plus dans ce manga c'est qu'il est réaliste et qu'il aborde des sujets pas si simples et inhabituels, comme le travail de Shin. Tout ça sans jamais porter de jugements.

Je regardais quelques épisodes de l'anime dernièrement et j'ai fait le constat que les relations sont souvent excessives entre les personnages. Nana est très possessive envers Hachi, elle s'appuie
plus sur Yasu que sur Ren. Elle aime Ren mais depuis qu'il se sont retrouvé ils n'abordent aucun sujet réellement sérieux, preuve que tout ne va pas si bien. Shin et Reira qui commencent leur
histoire par des relations tarifées. Hachi qui n'est pas mature pour un sou et qui couche avec Takumi parce qu'il était là, et qui après se jette dans les bras de Nobu parce que finalement elle
pense être amoureuse. D'ailleurs, j'ai toujours trouvé que Hachi était bien avec Takumi. Oui c'est un con dominateur et possessif qui la trompe, mais au fond ils se comprennent.

Marluuna 20/06/2012 00:15



C'est vrai oui. La diversité et la justesse des thèmes est franchement rare pour un shôjo je trouve. Et sans jugement aucun, comme tu le soulignes.


Les relations excessives, c'est la marque de fabrique de Yazawa, on la retrouve dans ses autres mangas aussi. Je pense que c'est aussi ça qui rend tout cela passionnant à suivre, mais mine de
rien c'est fort : c'est excessif, pourtant cela passe et ça nous parle, parce que les sentiments semblent authentiques.


 



S 19/06/2012 09:18

Et ça fait trois ans qu'on attend la fin, qui ne viendra peut-être jamais. =_= Hauts les coeurs ! o/

Marluuna 19/06/2012 22:10



Moi j'y crois ! \o/



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