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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 00:03

Un film d'Alfred Hitchcock, avec :

James Stewart : Rupert Cadell

John Dall : Brandon

Farley Granger : Philip

Edith Evanson : Mrs Wilson

Joan Chandler : Janet

1948

 

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Brandon et Philip sont deux étudiants qui ont un bel appartement à New York.

Le film s'ouvre alors qu'ils tuent à l'aide d'une corde un de leur camarade, David. Suivant la théorie de leur professeur, Rupert Cadell, ils pensent que les êtres supérieurs ont le droit de tuer les êtres inférieurs, chose qu'ils ont donc mis en pratique.

Si Philip a du mal à gérer ses émotions après le meurtre, Brandon reste très calme et comble du cynisme, il convie le soir-même son professeur, les parents et la petite amie de la victime ainsi qu'un autre camarade à un dîner chez eux, le corps étant toujours dans la pièce.

Au cours du dîner, si Brandon reste toujours maître de lui-même, Philip est de plus en plus nerveux et petit à petit, alors que David reste tarde à venir -et pour cause !-, Rupert va commencer à soupçonner des choses...

 

Je poursuis toujours mon (re)visionnage des Hitchcock, et après Fenêtre sur cour, j'ai regardé La Corde, toujours avec James Stewart. Celui-là aussi, je l'avais déjà vu, et revu il n'y a pas si longtemps encore, d'ailleurs. Ce n'est pas le meilleur, c'est sûr, mais il reste encore une fois très bien mis en scène et plein de suspens.

 

31192209.jpg

 

Tout le propos réside dans ce meurtre commis par ces deux jeunes hommes (que l'on voit dès le début), qui vont donc pousser le vice jusqu'à laisser le corps dans un coffre dans leur salon et faire leur buffet de réception dessus, avec divers invités dans la pièce, dont la petite amie et les parents de la victime ! Et leur prof va soupçonner quelque chose et se montrer insistant. Si l'un d'eux, Brandon, donne le change, Philip craque dès le début et se montre trop suspect. Et donc tout le long du film, on se demande s'il vont se faire attraper... enfin on en est sûrs en fait, c'est juste qu'on se demande quand, et comment (vont-il avouer, où bien leur professeur va-t-il les confondre ?).

Et l'autre intérêt du film, ce sont les raisons qui les ont poussé à tuer ce garçon. Pour la beauté du sport, pour prouver qu'ils sont des êtres supérieurs qui ont droit de vie et de mort sur un être inférieur, comme ils le croient... Et dans le cas de Brandon, le « jeu », l'orgueil va le pousser loin puisqu'il s'amuse avec la petite amie du défunt et pousse le vice jusqu'à laisser des preuves en évidence : le coffre évidemment, mais aussi la corde, arme du crime qui est sous le nez de tous les invités. C'est assez malsain et en fait, on a du mal à croire que deux jeunes hommes aient pu si froidement tuer un de leur camarade pour une telle raison. Il n'est pas question d'argent, de jalousie amoureuse ni aucun autre motif habituel, et c'est assez déroutant, il faut bien le dire.

Le film est un huis-clos, principe que j'aime toujours retrouver. Tout se passe dans l'appartement des deux étudiants et plus précisément dans leur salon (une scène ou deux se déroulent dans l'entrée et la salle à manger seulement). Cela permet d'avoir tous les personnages ensemble en permanence, et qui plus est dans la pièce où se trouvent le corps et l'arme du crime. De ce fait la tension est à son comble en permanence, surtout à certains moments (comme quand la gouvernante veut remettre des livres dans le fameux coffre par exemple, et en est empêchée in extremis). Et on y trouve un petit côté théâtral également. Qui plus est cette fois on sait tout de suite qu'il y a eu meurtre, pourquoi et par qui, et loin de tout déflorer, cela fait tout l'intérêt de l'intrigue. On veut savoir comment Rupert va trouver la preuve, comment ses soupçons vont le conduire à la vérité. Pour prendre un exemple bien connu, cela ressemble à un épisode de Columbo (et c'était bien, Columbo !) : on voit le meurtre au début et tout l'intérêt de l'épisode est de voir comment le commissaire va remonter la piste.

 

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Aujourd'hui, La Corde reste célèbre car c'est un film composé de 8 plans seulement, avec des coupes savamment placées. De ce fait, on a l'impression de voir un long plan-séquence. C'est une prouesse technique qui reste aujourd'hui un modèle du genre. C'est surtout cela d'ailleurs, qui confère au film cet aspect théâtral.

En plus de la thématique centrale (celle qui explique le pourquoi de ce meurtre), Hitchcock aborde avec prudence le thème de l'homosexualité, chose qui à cette époque était tabou au cinéma (tabou tout court d'ailleurs). Evidemment concrètement on ne voit rien et rien n'est dit, mais cela se comprend facilement à travers la relation qui unit les deux étudiants, ce qu'on en saisit... La façon dont ils fonctionnent ensemble ainsi que certaines scènes ne laissent guère de place au doute.

Tiens, je saute du coq à l'âne en revenant à ce dont je parlais tout à l'heure mais j'y songe maintenant : j'ai beaucoup aimé dans ce film, l'horreur de Rupert quand il s'aperçoit à la fin que ses deux étudiants ont suivi ses préceptes (préceptes dont il fait étalage au dîner d'ailleurs). Il a honte, il se sent coupable car ce qu'il disait, ce qu'il affirmait, il n'aurait jamais pu s'en servir dans un but criminel, lui. Et pourtant c'est en brandissant ses idées que Brandon et Philip ont agi. Je trouve cette scène remarquable et James Stewart y est très bon.

Au final, c'est un film sombre, malsain et dérangeant par moments. Mais comme d'habitude, on a le souffle coupé et on attend que le couperet tombe, parce que le scénario est une fois de plus bien ficelé.

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commentaires

Skaya 22/01/2013 12:55

Un trés bon Hitchcock! Mais trés trés malsain! Quand je le vois, je suis toujours bloquée sur le morceau de corde offert au père de la victime. Ce geste est horrible.
Et comme toujours un excellent James Stewart qui a de l'allure...

Marluuna 22/01/2013 20:54



Clair qu'il est malsain ! Ce passage aussi me met toujours mal à l'aise...


James Stewart a beaucoup de classe... Comme bien des acteurs de cette époque, chose qui malheureusement s'est complètement perdue aujourd'hui...



Oxo 20/12/2012 10:43

Pour l'info, les coupes sont toujours un fondu au noir sur un vêtement ( si mes souvenirs sont bons) et elles ont été faites à cause ( ou grâce selon son point de vue) de la faible capacité en
pellicule des caméras de l'époque.

En tout cas, ça restera un très bon Hitchcock!

Marluuna 20/12/2012 20:18



Et dans le dos des acteurs, aussi.


Et c'est ça, les pellicules duraient 10mn me semble-t-il d'où pourquoi il a fallu si peu de plans.


Oui, je l'aime bien malgré tout ! Et ça me fait bien plaisir de les (re)voir !



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