Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 00:06

Un film d'Alfred Hitchcock, avec :

James Stewart : Jeff Jeffries

Grace Kelly : Lisa Fremont

Wendell Corey : Doyle

Thelma Ritter : Stella

Raymond Burr : Thorwald

(1954)

 

fenetre-20sur-20cour-20120x160_2.jpg

Jeff Jeffries est un photographe qui a l'habitude de parcourir le monde pour ses reportages... Mais suite à un accident, le voici cloué chez lui en chaise roulante, avec une jambe dans le plâtre. Ses seules distractions sont les visites de Stella, son infirmière et de Lisa, sa petite amie qui malheureusement pour lui, voudrait bien l'épouser au plus vite...

N'ayant rien de mieux à faire, Jeff passe ses journées à observer ses voisins d'en face et bientôt il commence à soupçonner l'un d'eux, Thorwald, d'avoir tué sa femme... Mais comment le prouver alors qu'il ne peut pas bouger de chez lui ?

 

J'ai décidé de me refaire les Hichcock. Tous ceux que j'ai vu dans un premier temps, et puis tous les autres après. De quoi passer de bons moments, non ? ^^. Et de quoi alimenter la rubrique « films » du blog pour un moment ^^.

Fenêtre sur cour fait donc partie de la première catégorie, ceux que j'ai déjà vu. Et les revoir est toujours un plaisir d'ailleurs. Cela fait partie de ces films où évidemment à la rediffusion on y perd un peu parce que l'on connaît la fin... mais on s'en fiche en fait. On s'en fiche parce que savoir si untel est bien coupable ou non est certes un intérêt, mais finalement l'importance réside surtout dans la mécanique. Tout le déroulement du film, ces choses que Jeff voit, sa façon de penser... Tout cela est passionnant, plus que le résultat en tant que tel. Et donc revoir le film n'est pas gênant : c'est toujours aussi intéressant de contempler ce développement. D'autant qu'avec une telle thématique -un protagoniste qui ne peut pas bouger-, intéresser le spectateur n'était pas forcément gagné, non ?

 

fenetre_sur_cour_slider_2.jpg rear_window_1.jpg

 

Ici, l'image est totalement mise au service de l'histoire. Toute l'action se déroule dans l'appartement de Jeff (dont on ne connaît que le salon en plus). On voit le jardin et les appartements des habitants d'en face, mais juste par la fenêtre (canicule oblige, toutes les fenêtres sont grandes ouvertes). L'action est donc plus cérébrale qu'autre chose, même si ce sont bien les actes et les allées et venues étranges du voisin qui vont mettre la puce à l'oreille de Jeff dans un premier temps. Et la caméra sert totalement ce mode de pensée. D'abord elle filme ce que voit Jeff de là où il est, et ensuite elle filme la réaction (souvent en gros plan) de Jeff, suite à ce qu'il vient d'observer (un sourire amusé, un regard horrifié, selon le voisin et l'acte qu'il regarde...). C'est un procédé très simple dans l'idée, mais c'est bien cela aussi qui nous fait rentrer dans l'action et qui nous identifie à Jeff. La construction du film tant dans le fond que dans la forme, est tout de même une grande réussite !

Du coup dans ce procédé même, celui d'observer les autres, le film fait montre d'un voyeurisme assez poussé. Jeff rentre dans l'intimité de ses voisins sans même leur avoir jamais parlé auparavant, rappelons-le. Ce qu'il observe d'eux depuis sa fenêtre est suffisant pour comprendre tout un tas de choses à leur sujet... Il observe le musicien d'en face, la jolie fille qui fait tourner la tête de bien des hommes... Celle qui souffre de sa solitude... Rien ne lui échappe -c'est bien comme cela qu'il commencera à suspecter Thorwald de meurtre d'ailleurs-. Son infirmière au début du film lui prédit qu'il arrivera un malheur, s'il reste continuellement collé à cette fenêtre, et certes elle n'a pas tort. Mais même sans parler de cela, ce voyeurisme dont Jeff fait preuve juste pour se distraire a quelque chose de dérangeant. Je trouve autant gênant de voir la jolie fille d'en face en sous-vêtements que de voir la pauvre fille seule souffrir chez elle... Dans les deux cas, c'est leur intimité qu'il viole, finalement. Quand en plus il sort les jumelles et le téléobjectif -certes pour mieux observer Thorwald-, là on atteint le paroxysme.

 

disque-fenetre-sur-cour2.jpg

 

En tout cas le film atteint un degré de suspens inévitable et presque oppressant, plus on approche de la fin. Jeff a vu des actions toutes plus suspectes les unes que les autres de la part de ce voisin et heureusement pour lui, il a assez rapidement le soutien de Lisa, qui a tôt fait de le croire (après l'avoir d'abord réprimandé de jouer au voyeur) quand elle voit elle-même le voisin se livrer encore à une activité suspecte. Même l'infirmière Stella est vite de leur côté, après lui avoir elle-aussi fait la morale dans un premier temps. Et du coup c'est assez fort, car on voit les mêmes choses qu'eux, mais on se heurte au scepticisme de Doyle, le détective auquel Jeff a fait appel, qui rationalise tout et démontre point par point que Jeff se fait des idées... Du coup il arrive un moment où on ne sait plus que penser, même Jeff d'ailleurs, commence à douter de ce qu'il a vu.

Ce qui est fort c'est qu'ainsi, on ne s'ennuie pas un seul instant. Malgré ce décor qui reste le même de bout en bout, malgré tout cela, on ne décroche jamais. On ne quitte pas la pièce durant presque tout le film, mais on n'arrive pas à s'ennuyer même une seconde. On se demande si Thorwald est bien coupable et si oui, comment Jeff pourra-t-il le prouver finalement ? Les dernières scènes accélèrent le rythme et on commence vraiment à prendre peur pour nos personnages, qui plus est ! Bref, c'est extrêmement bien fait.

Là-dessus, soulignons tout de même que l'action est majoritairement laissée aux femmes dans ce film. En effet Jeff est complètement immobilisé à cause de sa jambe plâtrée, du coup quand il faut sortir de l'appartement, Lisa et Stella se dévouent tour à tour, puis ensemble. Lisa prendra même de gros risques d'ailleurs, en s'introduisant chez Thorwald quand celui-ci est sorti... Les deux femmes ont la part belle, quoi qu'il en soit !

 

fenetre_sur_cour_rear_window_1954_portrait_w858.jpg

 

Evidemment James Stewart est très bon dans le rôle, et très charismatique. Et dans le rôle principal féminin, Grace Kelly est éblouissante de féminité et de beauté, comme d'habitude. Les deux acteurs fonctionnent très bien ensemble, l'un dans un rôle de baroudeur un peu parti pour être vieux garçon, et l'autre dans ce rôle de jeune fille mondaine et pleine de bonnes manières... Un couple a priori opposé, mais comme Lisa montrera sa bravoure et son goût pour l'aventure, elle gagnera l'estime de Jeff.

Il est toujours un peu difficile de parler de ce genre de films car tout a été dit, et de plus belle façon que la mienne évidemment. Néanmoins Fenêtre sur cour comme tous les autres Hitchcock, est un film qui doit être vu, c'est indiscutable :). Je l'apprécie tout particulièrement, en tout cas.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Skaya 10/12/2012 12:26

Comme toujours le huit-clos et le thème du voyeurisme font merveille pour faire un bon film. Et qui n'a jamais regardé par la fenêtre ses voisins... s'imaginant les vies de ces derniers... Et le
thème principal a été repris par la suite montrant que ça marche toujours.
Mais ce film est paradoxal... car il est angoissant et pourtant il n'y a pas de véritable action du fait que le héros est cloué dans son fauteuil et qu'on regarde ce qui se passe par une fenêtre.
Je trouve cela génial car on se prend au jeu.
C'est l'un de mes préférés d'Hitchcock... Surtout qu'il finit bien...
Le duo est formidable...

Solene 09/12/2012 21:43

Oh, une initiative bien sympa - et que je ferais volontiers mienne à l'occasion ! J'ai vu pas mal de Hitchcock au lycée mais certains (les Alfred Hitchcock présente, ou les films de la période
anglaise du début) m'ont laissé des souvenirs somme toute assez vagues qu'il conviendrait de rafraîchir un peu. :)
Et Grace Kelly est bien sûr épatante dans ce film. ^^

alex 08/12/2012 12:05

olala ça fait une éternité que je ne l'ai pas vu celui là , tous enfait et effectivement je les reverrai avec plaisir :)

Marluuna 09/12/2012 00:10



Et ben tu sais que je les ai, en tout cas :)



Présentation

  • : Marluuna
  • Marluuna
  • : Un blog pour parler de tout et de rien : musique, ciné, animes, dramas, séries, BD, artistes, livres... Et sûrement d'autres catégories qui me viendront au fur et à mesure aussi...
  • Contact

Recherche