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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 00:04

Un film réalisé par Mark Herman, avec :

Asa Butterfield : Bruno

Jack Scanlon : Shmuel

Vera Farmiga : Elsa

David Thewlis : Ralf

David Hayman : Pavel

Rupert Friend : Kotler

Amber Beattie : Gretel

(2008)

Bruno vit heureux à Berlin, avec sa sœur Gretel et ses parents, Ralf et Elsa. Un jour il apprend que son père, officier nazi, a reçu une promotion et qu’ils doivent quitter Berlin. Ralf va en effet diriger un camp de concentration. Camp que le petit Bruno prend pour une ferme, avec de biens étranges fermiers, tous en pyjama du matin au soir…

Comme il s’ennuie dans cet endroit isolé, Bruno explore les environs et se retrouve à se lier avec un enfant de son âge nommé Shmuel, un de ces curieux « fermiers ». malgré la clôture de barbelés qui les sépare, entre eux se noue une relation solide, que les parents de Bruno ignorent…

 

D’après le roman de John Boyne.

C’est en lisant l’article que Milady a fait sur ce film, que j’ai eu envie de le regarder. L’avantage je dirais, c’est que rien qu’en lisant le résumé, on sait d’avance que ça ne va pas être la franche rigolade. Mais même en sachant cela… Ben c’était dur quand même ><. Du genre, une fois que le film s’est terminé, je suis restée à fixer mon écran bêtement, un peu sonnée. Tout le long du film, ce n’est pas hyper joyeux bien sûr, mais les dix dernières minutes vous filent un de ces coups derrière la nuque, un peu façon « La Vie est belle », je ne vous raconte pas le cafard que ça m’a collée… Bref. Si vous voulez le regarder, assurez-vous d’être dans une forme olympique, ou bien d’avoir quelque chose de gai à regarder derrière. Cela dit, il était bien hein, ça n’empêche pas.

Ce que j’ai aimé, c’est qu’on -enfin moi en tous cas- a l’habitude de regarder des films traitant de la seconde guerre mondiale, du point de vue soit français, soit des victimes. Mais rarement du côté des allemands, et même, du côté des nazis, car c’est ce qu’est le père de Bruno, Ralf. En fait il y a grosso modo deux sortes de personnes dans ce film : ceux qui savent, comme Ralf donc, et ceux qui ne savent pas -ou ne cherchent pas spécialement à savoir-, comme la mère de Bruno, Elsa. Et j’ai trouvé cet angle particulièrement intéressant, car on oublie un peu souvent que non, tous les allemands de l’époque ne se reconnaissaient pas là-dedans et que certains ne savaient pas ce qui se passaient réellement. Ou qu’ils ne cherchaient pas à savoir non plus d’ailleurs. Bref, tout n’est pas tout blanc, ni tout noir.

Et quand Elsa découvre ce qu’est réellement le camp de concentration, et comment finissent ceux qui y sont détenus, c’est le choc. Le choc parce qu’en plus de l’horreur de la chose en soi, elle n’admet pas que son mari participe à cela et n’y voit aucun problème. Qu’il pense même œuvrer pour quelque chose de grand. La façon dont Elsa gère cette découverte et comment cela l’affecte, elle et son couple, donne lieu à des scènes intenses et pesantes même (franchement la scène du dîner…). Et en plus, on a quelque chose de très intéressant aussi avec leur fille, la grande sœur de Bruno, Gretel. Influencée par les propos de son précepteur sur la grandeur du peuple allemand et combien le peuple juif est le mal incarné et compagnie, elle va progressivement changer, ce qui inquiète sa mère qui ne la reconnait plus… C’est un vrai contraste avec Bruno, qui certes est plus jeune qu’elle, mais qui n’est pas du tout affecté par les propos du précepteur.

Le casting est de choix puisqu’on a les excellents Vera Farmiga (qui en ce moment m’éblouit dans Bates Motel…) et David Thewlis (qui a fait plein de choses mais qui est entre autres le génial professeur Lupin dans Harry Potter) dans le rôle des parents de Bruno, et Asa Butterfield (Merlin, Hugo Cabret…) dans le rôle de cet enfant ignorant des réalités qui se déroulent autour de lui. On voit tout par ses yeux, et c’est sûrement ça qui rend le film si lourd de sens, en fin de compte. Quand il aperçoit le camp de la fenêtre de sa chambre, il prend cela pour une ferme avec des fermiers en pyjama rayé. Le jardinier de la maison, qui est l’un d’eux, est à ses yeux un curieux bonhomme… Quant à Shmuel, qui est de l’autre côté du grillage, c’est un ami pour lui, mais un ami curieux aussi. Tout le film est perçu par son regard de jeune enfant qui ne saisit pas ce qui se passe bien sûr, et c’est bien plus frappant que si cela nous était classiquement raconté par un adulte -quel que soit son camp- qui verrait les choses telles qu’elles sont. C’est à la fois touchant de naïveté mais très effrayant aussi, parce que nous, spectateur, on sait ce qu’il en est vraiment, et on a peur en un sens, du moment où cela éclatera aux yeux de tout le monde, où cela rattrapera Bruno. C’est en cela que le film est beau, mais qu’il est cruel aussi.

Il est beau quand même parce qu’on a de jolis moments, à commencer par tous les dialogues entre Bruno et Shmuel bien sûr, où chacun ignore la vraie position de l’autre, mais cela ne les empêche pas de communiquer ou de jouer, comme le feraient deux gamins du même âge. Il est beau aussi dans certaines de ses images (Bruno jouant sur sa balançoire…). Mais bon, je ne vais pas vous raconter d’histoires : si vous êtes un tantinet sensible, préparez les mouchoirs.

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commentaires

petite marie 12/04/2016 19:44

Bon cela donne vraiment envie de voir ce film même s'il faut les kleenex pas loin!

Marluuna 12/04/2016 20:52

Oui cela vaut mieux !

Milady 11/04/2016 16:25

Yay, je suis contente de t'avoir donnée envie, et plus heureuse encore que cela t'ait plu :D

Marluuna 11/04/2016 22:17

Je pioche souvent de bonnes idées de visionnage sur ton blog ;)

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