Sherlock : Saison 2, Episode 1 "Un scandale en bohème"
2x02 : Le chien des Baskerville
Après un premier épisode remarquable, Mark Gatiss nous propose un second épisode que beaucoup ont jugé moins bon que son prédécesseur (et un peu comme dans la saison 1 d'ailleurs, même si le scénario n'est pas de la même main, le deux est « le moins bon des trois »). Alors attention, précisons les choses tout de suite : du « moins bon » pour Sherlock, cela veut quand même dire « très bon » à l'échelle d'une autre série de toute façon, surtout que le premier épisode était réellement extra. Ce second épisode comporte, pour le dire vite, un scénario bien plus simple qu' « Un scandale en bohème », mais il compense par son ambiance réussie au-delà de toute espérance. C'est le truc de Mark Gatiss ça, délaisser les dialogues voire un scénario trop complexe, au profit d'une ambiance hyper travaillée... Et voilà, une fois de plus il fait mouche. Parce que le Dartmoor, ce village, ce labo, cette forêt... Croyez-moi que j'en menais pas large en regardant tout ça, du fond de mon canapé. On n'aurait pas envie de s'y promener seule la nuit, quoi.
Précisons encore (mon dieu cet article va juste être trop long aussi !) qu'adapter le Chien des Baskerville, l'histoire la plus célèbre du détective, celle que même ceux qui n'ont jamais lu le moindre bouquin du canon (canon = les 4 romans et 56 nouvelles écrits par Sir Arthur Conan Doyle, ce qui exclue donc tout autre bouquin que d'autres écrivains ont pu faire après) connaissent au moins de nom, c'était couillu. Parce qu'honnêtement jusqu'ici (et sans avoir tout vu naturellement, hein) je n'ai pas vu grand chose dans les adaptations passées qui soit très convaincant, par rapport au livre (qui lui est une merveille). The Hounds of Baskerville est un livre où c'est pratiquement l'ambiance qui fait tout, donc il s'agissait de ne pas se louper (et aussi de réussir le coup du chien en tant que tel, quand même un peu ^^). Alors voilà, je lui ai préféré le 1 et le 3, n'empêche que bon... C'était 'achement bien aussi, quoi. Et même en le voyant une seconde fois et donc en connaissant la chute, ben ça m'allait encore bien ^^ .Bref le pari est remporté par notre Mark Gatiss préféré. Et heureusement parce que vu que môssieur préférait écrire le scénario, et ben on a du Mycroft un dixième de secondes dans l'épisode, ce qui est scandaleux (oui, ça n'a aucun rapport, c'est juste que Mycroft n'avait aucune raison d’apparaître, mais na !)
(quels yeux, nom de Lui, quels yeux !)
On a donc un jeune homme, Henry, qui vient chercher Sherlock Holmes (qui d'ailleurs ferait mieux de fumer, ça lui éviterait de passer pour un dangeureux maniaque :D) afin de résoudre une enquête. Là d'où il vient, il y a un chien gigantesque dans la forêt. Rien que ça. Ce chien aurait tué son père des années plus tôt, et Henry se sent menacé, persuadé qu'il est de l'existence de cette créature fantastique. D'abord réticent, Sherlock Holmes trouve l'affaire intéressante et il part pour le Dartmoor avec Watson, afin de voir ce qu'il en est. Il découvre sur place un curieux laboratoire de recherches nommé Baskerville, une zone interdite aux civils...
Le scénario n'est pas exempt de défauts, même si on peut trouver que je chipote. Mais sincèrement le mot de passe « Maggie », j'avais envie de dire... Really ?? Moi ça m'inquiète un peu, ces hauts gradés si prévisibles xD. De même que la coïncidence avec le lapin est un peu tombée du ciel. Pareil, le coup du pass de Mycroft qui ouvre tout partout comme par magie, c'est quand même vachement pratique ça m'sieur Gatiss xD. Voilà il y a deux-trois trucs comme ça pas très très cohérents, un peu comme Henry totalement mort de trouille, pas loin de la folie, qui passe une soirée tranquille chez lui.... bien à côté de l'immense baie vitrée donnant sur ce décor lugubre ! Je veux dire... Sans faire de la psychologie de comptoir, on peut tabler sur le fait que normalement le gars devrait plutôt se barricader dans une pièce, au fond de son lit, mais pas s'exposer ainsi, non ? Enfin voilà, la qualité de l'épisode passe de 9,5/10 au lieu de 10/10, je pense qu'on s'en remettra quoi xD. C'est juste que ces détails m'ont fait tiquer.
Bon je ne reviendrai pas des plombes sur l'ambiance parce que voilà, mais au risque d'insister avec mes gros sabots, vraiment c'était bien joué. Peut-être un peu déçue par le chien en tant que tel (visuellement parlant) à la fin, mais le reste... Nickel. Bon le jeu des acteurs aide à trouver la forêt sinistre, mais même sans cela, le Dartmoor apparaît de façon vraiment peu engageante. Déjà en soi ce serait là un excellent point, mais comme je le disais, cette atmosphère fait tout le sel du livre, donc on a une bonne adaptation dudit bouquin, avec ce second épisode. Vive Mark Gatiss \o/. Notons toutefois que cette qualité a son revers immédiat et qui apporte (à raison) de l'eau au moulin de ceux moins convaincus par l'épisode : à force de scènes d'ambiance, contemplative et lentes, on perd en rythme. Forcément. Honnêtement ça ne m'a pas dérangé mais il faut bien admettre qu'après un premier épisode très rythmé, lui, il est possible que cela choque, même si ce n'est pas vraiment mon cas. Et puis je crois que c'est bien, ces plans où on prend le temps de poser le décor, comme Sherlock qui admire la vue sur son rocher (ce qui fait très Cap'tain Jack d'ailleurs xD), ou lorsqu'ils explorent la forêt de nuit. Ajoutez à cela un Sherlock qui panique (si madame !), un Henry qui nous donne un bel aperçu d'un type en train de sombrer dans la folie, et vous aurez tous les ingrédients réunis.
On a toujours ces références plus ou moins cachées, au canon. Déjà le coup du chapeau a dû les faire marrer vu qu'ils en remettent une couche (et idem dans l'épisode 3 d'ailleurs XD). Ensuite on a la cultissime phrase tirée du bouquin « quand l'impossible a été écarté, ce qui reste, même improbable, doit être la vérité », nous livre Sherlock dans un moment de confussion. Haha je voulais qu'elle soit dans l'épisode cette phrase, alors j'étais ravie. On a aussi ce moment où Sherlock dit à Watson qu'il est un « conducteur de lumière », qu'il stimule le génie chez les autres, sans en être un lui-même... Je ne sais plus si cela vient vraiment du bouquin The Hounds of Baskerville, mais cela vient d'une histoires du canon en tout cas. Et il y en a plein d'autres encore, mais je n'ai pas tout repéré. Ah si il y a le moment où Sherlock fait semblant de parier avec Watson, afin d'intéresser le guide. Ca aussi, c'est dans le bouquin par exemple.
La mise en en scène a toujours ses petits moments d'originalité pure et j'ai encore une fois bien apprécié ce qui se passe ici. En effet cette scène du « mind palace », outre le fait d'être amenée de façon comique grâce à Watson (« oui, il dit 'palace', c'est bien son genre, non ?' ») m'a vraiment plue par évidemment le jeu de Cumberbatch (qui bouge les bras de façon super gracieuse en plus je trouve... quoi, je le complimente si je veux ^^), mais surtout la mise en scène justement, qui dure juste ce qu'il faut et sans tout saisir, on comprend que Sherlock est en train de résoudre l'énigme... Certains ont trouvé ça « trop », mais pas moi. J'aime vraiment bien cette scène.
Côté références, Mark Gatiss s'est fait plaisir. De l'image d'optique du Tardis (Dr Who) dans les landes (que j'ai jamais pu retrouver d'ailleurs, s'il n'y avait pas les commentaires de gens sur des forums, j'aurais cru l'avoir rêvé...), à la conférence « WHO » à laquelle Bob et Sherlock se seraient rencontrés :D... Sans oublier le « Trust me, I'm a doctor », bien placé l'air de rien par Watson... Les références à Dr Who sont nombreuses dans cet épisode, mais en même temps ce n'est pas surprenant quand on sait qui est derrière la série... Surtout qu'il a vraiment quelque chose de très doctoresque en lui, ce cher Benny. Oui, tout le monde (autant sur internet que dans la vie, à commencer par Moffat) l'appelle "Benny" alors je vois pas pourquoi pas moi ! (parce que je ne le connais pas personnellement ? Mais je ne demande que ça ! Bref...) Et évidemment ces références au canon, comme cité plus haut.
J'ai envie de dire que j'ai piaillé gaiement dès les premières secondes... La guest star de l'épisode, Henry, est notre cher Russell Tovey. Enfin « notre »... Le mien, quoi. J'aime cet acteur et je l'ai déjà dit dans son article il y a quelques jours, mais il joue la tristesse comme personne (enfin à part quelques uns xD) et il est toujours dans le ton. Ce type gagne à être connu, vraiment. Et là il était encore très juste, nous montrant un Henry qui vient chercher de l'aide auprès de Sherlock, mais qui craque de plus en plus... Cette fameuse scène où il est chez lui devant sa grande baie vitrée n'est pas seulement absurde dans le sens où elle l'expose, elle lui permet aussi de vraiment bien jouer. Même chose à la fin, au moment de la révélation. Mais je crois que là où Henry est le plus flippant, c'est quand il rentre après la première virée de nuit en forêt et qu'il dit à Watson « c'est bien, Sherlock a vu le molosse, c'est une bonne chose, je ne suis pas dingue »... En gros. Le mec a l'air tellement à bout, tellement... je sais pas... Que quand Watson lui dit qu'il va lui donner un truc pour dormir, moi j'étais en train de me dire que le pauvre garçon allait lâcher prise et devenir réellement dingue, avec tout ça. Et Russell Tovey, toujours sur le fil, fut extra.
Que dire de plus ? C'était un plaisir de revoir Lestrade -bronzé comme une noix, donc- en ballade dans le coin, ma foi. Vu qu'on est privé de Mycroft et de Mrs hudson durant tout l'épisode ou presque, un peu de Lestrade ne se refuse pas. Il est même dommage qu'on le voit si peu, parce que l'acteur est plutôt bon, même si éloigné des romans. D'ailleurs j'aimerais bien voir un Lestrade bien présent en saison 3, parce qu'à mon avis Watson va avoir besoin de soutien...
Le Chien des Baskerville est une aventure un peu particulière dans le sens où on a une nouveauté, très bien exploitée ici par Gatiss. Pour la première fois de sa vie, Sherlock Holmes a peur. Pire, il doute. Dit comme ça, ça ne semble rien, mais il faut le voir... Il faut voir l'excellent Benedict "Benny" Cumberbatch dans la scène où il pleure presque après avoir vu le chien et que Watson voit qu'il a peur. Sherlock est un être rationnel qui observe, analyse et déduit ce qu'il faut. Voilà sa méthode. Or comme il le dit, il a vu le chien, il l'a vu de ses propres yeux. Mais il ne peut pas croire que ça puisse exister. Et donc il ne peut pas faire confiance à ses yeux. Il doute de ce qu'il voit, pour la première fois. Et ce trouble le fout en l'air. Le voir trembler, les larmes aux yeux, expliquant tout cela à un Watson qui lui n'a pas vu le chien et ne peut pas concevoir qu'un tel monstre existe, c'était... wow, quoi. Franchement je crois que c'est la scène de l'épisode où Cumberbatch m'a le plus marquée. C'est tellement peu Sherlock, cette attitude paniquée, cette émotion... au point de finir par dire à Watson qu'il n'a pas d'amis (ce qui m'a brisé le cœur, je vous l'avoue). C'était tout à fait brillant dans les répliques, dans l'échange entre les deux hommes.
Et puis comment pourrais-je ne pas retenir cette scène où Sherlock retrouve Watson et lui explique pourquoi il était si nerveux, si désorienté la veille... Et il sent qu'il n'y a pas moyen de briser la glace. Alors il a cette phrase merveilleuse qui a fait le tour des forums (XD) : « Je pensais ce que j'ai dit hier. Je n'ai pas d'amis. Je n'en ai qu'un ». Alors là forcément, le John il est tout penaud (et moi-même, je gagatise bêtement) et il accepte de revenir sans demander son reste, que voulez-vous. Mais plus sérieusement, ce qui passe par cette phrase est énorme. C'est un petit peu le prolongement de la fin de l'épisode 3 de la première saison si vous voulez, quand dans la piscine, Watson apparaît chargé d'explosifs. Vue la tronche de Sherlock, on devine le « boum » au cœur que cela lui fait. Leur amitié est le fil conducteur de la série (ça et la menace Moriarty) et elle atteint son apogée à l'épisode 3. Néanmoins ici, ce n'est pas rien, comme avancée.
Du coup j'aime assez l'idée, comme dans le bouquin, que Watson prenne des initiatives et mène l'enquête de son côté (en interrogeant la psy, en essayant de déchiffrer les signaux lumineux aperçus -haha c'te fausse piste toute naze XD-, en chopant des papiers à l'hôtel -hôtel où d'ailleurs il ya le Petit Jean du Robin Hood de la BBC, ce qui m'a un peu perturbée-... ). Cela le pose une fois de plus en vrai personnage intelligent et non pas en faire-valoir. Si sa relation avec Sherlock le définit, il n'en reste pas moins une personne, même sans lui. Et du reste, le fait qu'il voit toute cette aventure sous un angle très rationnel durant une bonne partie de l'épisode, montre un peu l'homme de science derrière tout cela, celui qui ne peut décemment pas croire au surnaturel. Watson n'est peut-être qu'un « conducteur de lumière », mais il est loin d'être un homme banal, ça c'est certain. Et je vous ai déjà dit que j'aimais Martin Freeman, sa bouille et ses pulls tout moches surtout les soirs de réveillon ? Ahlala et dire que le monde entier va me le voler d'ici un an, parce que les hobbits ont la cote... Bref, on s'égare.
Sinon, un mot sur la toute dernière scène, qui évidemment a du sens maintenant qu'on a vu toute la saison, mais la première fois, c'est un gros « WTF » ? qui nous vient à l'esprit ! Je veux dire... Mycroft a Moriarty en prison, il le tient... et il le laisse partir oO ? Mais argh, quoi ! Grand frère Holmes a encore merdé dans les grandes largeurs, quoi... Sans compter que les « Sherlock » griffonnés partout dans la cellule ne dénotent PAS DU TOUT le côté légèrement obsessionnel du gars ! Côté obsessionnel que d'ailleurs le Professeur Moriarty n'avait pas vraiment dans le bouquin, mais ça on y reviendra dans l'épisode suivant.
Sinon l'intrigue en tant que telle, malgré donc quelques trucs un peu faciles (ben oui mais moi quand on me sert une série de cette qualité, après je pinaille facilement hein :D), fut plutôt bien menée. Toujours cet humour, ces répliques qui marchent bien (j'adore notamment quand ils entrent à Baskerville et que Sherlock lui demande « tu as aimé abuser de ton grade ? »... Sacré Watson :D). Et puis changer de décor, oublier Londres pour un épisode a eu un petit côté rafraîchissant, tiens.
Bon. Ben je crois avoir dit l'essentiel. Ah si tiens, dans la catégorie « je suis la seule que ça intéresse et que ça a fait trop rigoler » (mais j'ai l'habitude ^^), au début quand Sherlock explique que la seule affaire qu'il peut avoir lui est proposée par une gamine qui dit que son lapin brille dans le noir « like a fairy ! »... Franchement la voix aiguë de notre cher Benedict et les mains qui s'agitent de façon hyper précieuse, j'ai trouvé ça trop fun. Non ? Juste moi ? Tant pis -_-
Donc voilà voilà, plus qu'un épisode et c'est la fin (purée les gars si vous me pondez pas la suite dans un an jour pour jour -ou plus tôt, ça marche aussi-, je sors mes poupées vaudou !!). Et comment vous dire ? Quand on voit que l'épisode s'appelle The Reichenbach Fall... Qu'il sort tout droit de la nouvelle « The Final problem »... Quand on a lu la nouvelle (et pour le coup, pour la première fois dans la série, je pense que ça peut jouer sur l'appréciation de l'épisode), et ben je peux vous dire qu'on passe une semaine bien longue à l'attendre, l'épisode. Et que quand il arrive, on fait péter les kleenex (même que la deuxième fois qu'on le voit, c'est encore pire).
En attendant, Mark Gatiss a signé un épisode de qualité qui a pour seul tort de se situer entre deux épisodes géniaux. C'est quand même pas de pot.








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